Une ADLU pour accélérer la redynamisation urbaine, à Charleroi

Mardi 15 Novembre 2016 - 12:10

On le sait, depuis 2015, l’essentiel de la Politique des grandes villes (PGV), dispositif auparavant fédéral et centré sur le développement social des quartiers et le logement, a été régionalisé. Pour répondre aux exigences de la Wallonie, améliorer l’utilisation de ces crédits et continuer à se concentrer sur les objectifs du schéma de développement stratégique de la ville de Charleroi, le dispositif de la politique des grandes villes à Charleroi va évoluer pour s’insérer dans la politique de la ville voulue par le Gouvernement wallon.  Désormais, la PGV va se fixer sur un axe de “développement urbain” et un axe “accompagnement social” qui se verront octroyer, chacun, 50 % de la dotation totale, actuellement de 3.324.050 € (+ 600.000€).

En charge de la Politique des grandes Villes à Charleroi, l’échevin Serge Beghin rappelait que la PGV a permis, en un peu plus de 10 ans, de rénover 29 bâtiments pour un total de 68 logements . "Le programme d'intervention vise des zones urbaines en difficulté; les autorités locales orientent ou ont orienté leur intervention sur un certain nombre de bâtiments et/ou chancres afin d'obtenir des résultats visibles et durables".

« Il faut continuer à avoir en ligne de mire les objectifs que nous nous sommes fixés pour Charleroi : en faire une grande métropole, précisait pour sa part lors d'un point presse, ce mardi matin, Paul Magnette. "La Politique des grandes villes va nous y aider. Nous sommes lancés dans ce processus depuis quelques années et les premiers effets s’en font sentir. Il faut continuer sur cette voie. D’ailleurs, la convention de service de la cellule de Charleroi Bouwmeester – une des premières actions mises en oeuvre pour accélérer la redynamisation urbaine- est renouvelée pour 18 mois. Il reste encore beaucoup à faire au niveau urbain. La PGV sera un outil en plus pour rendre Charleroi agréable à vivre pour tous ».

Ainsi que l'indiquait encore le bourgmestre, l’axe « développement urbain » sera géré par une cellule qui  prendra la forme d’une Agence de Développement Local Urbain (ADLU). L’Agence sera chargée d’œuvrer à la requalification de quartiers/parties du territoire sur base de périmètres d’action arrêtés par le Collège ou le Conseil. Ces périmètres seront formalisés à travers un programme de Développement Urbain (PDU) tel que le prévoient les autorités régionales.

Sa mission principale sera donc d’améliorer le cadre de vie urbain et de développer des espaces en y associant une démarche de type “promotion foncière et immobilière”, et une démarche de marketing urbain. « Elle aura pour mission de développer une politique cohérente de développement urbain dans certains quartiers spécifiques ». ,

Concrètement, l’ADLU prendra la forme d’une régie communale autonome. Attention, rien à voir avec celle déjà existante. « Il s'agira d'une sorte de RCA bis, d’une structure autonome permettant une identification claire de l’acteur en charge de ces projets ( éventuellement privé) et une gestion dynamique et souple de ceux-ci ».

Plus précisément, cette agence sera composée d’une équipe (d'une quinzaine de personnes) réunissant les profils suivants : architectes/urbanistes ; expert en mobilité ; responsable des opérations foncières (achat et vente), y compris les aspects financiers, de subventionnement, juriste spécialisé en marchés publics et opérations foncières, spécialistes du marketing urbain et de la communication… « Elle reprendra la mission de City Branding, autrement dit la promotion de la Ville, son image de marque lors de manifestations telles que foires ou salons, etc, prendra en charge l'accueil de visiteurs, journalistes, assurera le suivi des projets de développement urbain main dans la main avec la Cellule Feder,etc. Elle aura aussi pour mission d'assurer l'analyse du diagnostic global des quartiers prioritaires, faire en sorte de créer de la cohérence entre tous documents d'aménagement urbain à portée stratégique, gérer l'achat et la revente d'immeubles, assurer une veille foncière et démarcher certains propriétaires, lancer des concours d'architecture, suivre l'évolution des chantiers sur les espaces privés ou publics,... ».

A propos des quartiers prioritaires, l’idée, ajoutait encore P. Magnette, est de travailler sur 5 quartiers à la fois, soit un par district.

Pour le district Centre, serait retenue la Zone Vauban; pour le district nord: Gosselies (zone ZIP/Place des Martyrs); pour le district Est: Gilly 4 Bras. Les deux restants seront choisis par les Conseils de participation lorsqu'ils auront été installés dans les districts Sud et Ouest

La Politique des Grandes Villes à Charleroi comprend également un large volet « social » axé sur la convivialité et la proximité dans les quartiers. Ce volet est également essentiel au développement urbain de Charleroi car il permet de coupler au redéploiement physique des quartiers un développement social et une participation du citoyen carolo au devenir de sa ville.

Actuellement, trois « projets » -: Maison Pour Associations, Espace Citoyen Porte Ouest et Actions de quartier DPS – DPQ se partagent l’essentiel de l’enveloppe régionale.  Soit un total de 40 agents dont 11 sous contrats Ville.

Une réflexion sera menée dans les semaines qui viennent pour présenter en collaboration avec l’administration, une évolution des projets menés dans le cadre de la PGV, du PCS et du PSSP afin d’assurer notamment la cohérence avec les actions qui seront menées dans le cadre de l’axe développement urbain.