L'Ommegang ou le retour de Charles Quint à Charleroi

Le 3 septembre, date anniversaire de la fondation de Charleroi, un vaste cortège retraçant les 350 ans d'histoire de la ville s'élancera de la place Charles II pour rejoindre les quais de Sambre. Dans ses rangs, des Géants, des sidérurgistes, des verriers, des Révolutionnaires de 1830... mais aussi, une centaine de sociétaires de l'Ommegang. A événement exceptionnel, présence exceptionnelle d'un défilé historique qui ne se déplace que très occasionnellement hors ses murs bruxellois...

Chaque année, début du mois de juillet, l'Ommegang parcourt la superbe Grand-Place de Bruxelles. Les pavés séculaires de la plus belle agora au monde voient alors défiler, drapés dans toute leur gloire et leur majesté, l'empereur Charles Quint, accompagné de son fils Philippe, prince héritier d'Espagne et duc de Brabant, ainsi que les soeurs de l'empereur, Eléonore, reine de France, et Marie d'Autriche, reine de Hongrie et gouvernante des Pays Bas.

Vous n'avez jamais eu l'occasion d'admirer cette manifestation au faste sans pareil et qu'on ne présente plus? Eh bien rendez-vous à Charleroi, le samedi 3 septembre: L'ommegang Oppidi Bruxellensis nous fera l'insigne honneur d'intégrer le grand cortège qui retracera, avec ses dizaines de reconstituteurs, les trois siècles et demi d'existence de notre bonne vieille cité. L'honneur et le privilège quand on sait que cette société légendaire ne se déplace que très très rarement en dehors de son fief. « Vu l'ampleur des manifestations, nous avons répondu positivement à l'invitation. C'est pour nous un plaisir et un honneur d'être présents ce jour-là à Charleroi » précise Mme Pastorelli, la directrice administrative de l'Ommegang.

Si à l'heure d'écrire ses lignes il était toujours question d'établir la liste définitive de ceux qui feront le déplacement, on savait néanmoins que Charles Quint devrait, à tout le moins, venir accompagné de sa cour, des seigneurs de l'endroit (Jean III de Trazegnies, Liétard de Boussu, ...), de ses dames d'honneur, de sa soeur Marie de Hongrie, des Serments d'Arbalétriers, des Archers, des porteurs de drapeaux, des échasseurs ou encore des milices et gardes de la Toison d'Or.

Près d'un demi-millénaire après, l'empereur d'un royaume sur lequel le soleil ne se couchait jamais dit-on fera donc son grand retour en terre carolorégienne. Et de quelle manière! On dit bien son retour car, le sait-on?, il y serait déjà venu, en l'an de grâce 1540, soit neuf ans avant sa triomphale entrée dans la capitale d'un pays qui n'était pas encore la Belgique. On raconte ainsi que Charles Quint a rendu visite cette année-là au seigneur de Boussu et, qu’ébloui par la splendeur de son nouveau château, il le nomma comte.

Après sa nuit à Boussu, Charles Quint décida de chasser dans cette région giboyeuse. Il passa chez sa sœur Marie de Hongrie puis se fit inviter par le seigneur de Trazegnies (Jean III, cousin des Hénin-Liétard dont le château de Trazegnies fut reconstruit par Jacques Du Brœucq) et alla chasser avec lui chez un de ses cousins, le seigneur de Vertaing (Rubempré), qui était alors seigneur de Gilly et de Charnoy.